Nos réflexions...
Un si joli village... poubelle!
J'étais un petit village verdoyant à vocation agricole et touristique niché au coeur du Bourbonnais, surplombant la vallée du Cher.
J'étais fier de mon église classée à qui on avait promis un nouveau clocher tout en bardeaux de chataignier.
Mais que m'est-il arrivé ?
Lorsqu'on a recoiffé mon église, un mur d'ordures masquait mon horizon. Aujourd'hui, des détritus jonchent mes champs et mes fossés. Une odeur acre flotte sur mon école, mon terrain de sport, mon cimetière. Est-ce là, le respect dû à mes vivants et à mes morts ?
Et toi petit écolier que vas-tu devenir puisqu'aux beaux jours ton regard ne peut plus s'évader par la fenêtre de ta classe ? Monsieur l'instituteur a dû la refermer car entrent les mauvaises odeurs et les "bip-bip" incessants des engins qui reculent sur la décharge. L'ouvrir n'est plus possible.
Tu n'iras plus, non plus, cueillir la doucette au bord des chemins avec ton grand-père, elle n'est plus consommable, et d'ailleurs ton aïlleuil ne se risque plus à traverser la rue, les camions qui se croisent ne lui en laissent plus le temps.
Voilà mon héritage : une décharge! Et pas assez grande encore, car on n'a pas fini de m'abîmer!
J'avais pourtant bien débuté. Est-ce à cause de Dagobert, qui en 636, donna mon église aux moines de Saint-Denis qu'on m'a mis la tête à l'envers ?
Et ma croix de fer plantée sur un rocher au point culminant près de Villenue, rappelant que la vigne fut ma culture première, va-t'elle disparaître sous un tas d'ordures ?
Il ne me restera bientôt plus que ma pierre des mesures attestant de mon patrimoine si riche et si mal protégé et mes yeux pour pleurer. Mais ne serait-ce pas plutôt leurs produits toxiques qui me font pleurer ! ! !
MALLIACUS - MAILLET
AVIS
DE RECHERCHE
numéro 1
Amateurs du milieu de vie en fond de décharge aimeraient rencontrer
chercheurs capables d’expliquer les conditions de vie à cette
profondeur, sous de telles pressions et températures.
AVIS
DE RECHERCHE
numéro 2
Amateurs des milieux naturels aimeraient rencontrer chercheurs ayant
étudié la faune des décharges, principalement des corbeaux et des rats
et le monde des insectes volants et rampants. Leur adaptation à ce
milieu et les relations qu’ils entretiennent avec les milieux de vie
avoisinants.
Conte
futuriste
Dans un millier d’années
des sources ordurifères jailliront de la montagne ordurante.
Elles seront peut-être hallucinogènes, fatales ou simplement
nauséabondes .
Nul ne le sait.
Cri
du coeur
On en a marre d'être la poubelle, votre poubelle, leur poubelle
C'est notre pays et le vôtre, notre eau et la vôtre, notre air et le
vôtre
On, c'est NOUS aujourd'hui. Mais ce sera peut être VOUS demain
D’AILLEURS
ceux qui décident d'envoyer les déchets ici habitent ailleurs
POURQUOI ?
parce qu'ils sont comme vous, comme nous, comme tout le monde
ILS N’AIMENT PAS VIVRE
à côté des tas d’ordures.
LA
GOUTTE D’EAU et LA DÉCHARGE
(fable moderne)
Du côté de Volvic,
la goutte d’eau met à peu près un siècle
pour descendre de la montagne.
Du côté de St Pourçain, environ 40 ans.
Elle emprunte de mystérieux trajets
parfois jusqu’à 6000 mètres de profondeur.
Circuits invisibles qui nous échappent
et nous réduisent au silence et à l’étonnement
Maillet est au-dessus de la vallée du Cher,
près de la station de pompage.
Pas une goutte ne s’échappera disent les uns !
Foutaise ! pensent les autres, qu’en savez-vous ?
Il y a ceux qui croient aux fables
et ceux qui n’y croient pas !
Et vous ?
moralité
Il existe de nouvelles procédures de traçage des lixiviats
dans les eaux souterraines.
Exigeons leur application
Maillet
c’est déjà plus de 30 ans de stockage
dans des conditions très peu sécurisées.
Le mal est certainement déjà fait !
Maillet
ce sera encore 20 ans
et sans doute plus
dans le cadre des nouvelles normes.
Mais qui peut garantir
la fiabilité totale du système
à l’échelle du temps
de la goutte d’eau
pour un tas de pourriture
dont voici approximativement les dimensions :
80.000 m2 au sol sur 30 mètres de hauteur
soit deux millions quatre cent mille mètres cubes
Ne fermons plus les yeux,
exigeons auprès de nos élus
une réelle politique de gestion de l’élimination des déchets
et des mesures efficaces pour diminuer les déchets à l’origine
(exemple de la taxe sur les emballages mise en place en Allemagne)
Pour les législatives : posez la question des ordures
Pour les municipales : posez la question des ordures
dynamisons la recherche en faisant barrage
aux solutions de facilité
aux solutions d’autruche
en obligeant les capitaux à s’investir dans d’autres techniques de
traitement des déchets.